Au service de la jeunesse
Contexte
À la suite des événements de mai 1968, Valéry Giscard d’Estaing sent que la jeunesse a désormais de nouvelles aspirations. Les jeunes souhaitent davantage de libertés et de responsabilités. Ciment d’une société fondée sur la justice, l’éducation est un élément moteur. Durant la campagne présidentielle, puis tout au long de son mandat, VGE poursuit une action en faveur des jeunes sur des multiples fronts.
Les jeunes dans la campagne de 1974
Les jeunes sont très largement mobilisés durant la campagne de 1974. Réunis au sein du mouvement des jeunes giscardiens, ils s’investissent pleinement dans la campagne, abordant les célèbres T-shirts « Giscard à la barre ». Ceci participe à la sympathie que les Français ont pour le candidat et futur président. Cela permet d’ailleurs à des personnalités du show business de prendre part à la campagne : Johnny Halliday, Sylvie Vartan, Brigitte Bardot, Claude François…
Cette jeunesse militante incarne un changement auquel les Français aspirent. Les enfants du futur Président s’engagent dans cette campagne. La benjamine, Jacinte, figure sur l’affiche électorale. Giscard souhaite vivement parler à la jeunesse. C’est pourquoi il réalise un film de sa campagne avec Raymond Depardon, 1974, « Une partie de campagne ».
La majorité à 18 ans
La mesure phare du programme présidentiel de Valéry Giscard d’Estaing est l’abaissement de la majorité à 18 ans. Depuis 1848, les Français devenaient majeurs à 21 ans. Avant cet âge, il ne pouvait donc ni toucher de salaire, ni devenir propriétaire ni se marier. Dès juillet 1974, il transforme cette promesse en réalité. 2,4 millions de jeunes sont concernés par cette mesure, qui modernise la France.
Le courage de cette mesure doit être souligné. En effet, le candidat puis le président prend cette décision alors même qu’il sait que ce changement pourrait lui être défavorable, 59% des 18-21 ans disant vouloir voter pour François Mitterrand s’ils l’avaient pu en 1974 (Sofres, 21 juin 1974).
Promouvoir l’égalité des chances
Au-delà de ces mesures sociétales, Valéry Giscard d’Estaing estime qu’il doit mener une politique en faveur de l’égalité des chances et de l’emploi. Il s’engage en conséquence en faveur de la gratuité totale de l’éducation et sur l’ouverture de classes, notamment en milieu rural. Pour améliorer le niveau de connaissance des jeunes et donner aux Français la même instruction dans les différentes matières, il choisit de créer un collège unique avec la loi du 11 juillet 1975 (loi Haby), qui supprime la distinction entre les collèges d’enseignement général et les collèges d’enseignement secondaire.
Toutefois, une campagne de dénigrement est menée, tant à gauche où l’on juge que le Président ne va pas assez loin, qu’à droite où l’égalitarisme est critiqué et présenté comme un nivellement par le bas. Il ne peut donc conduire d’autres réformes structurelles concernant l’école primaire et le lycée. En 1977, le collège unique devient une réalité, et les différentes filières sont effectivement supprimées. C’est notamment le cas du collège d’enseignement technique (CET) qui était destiné aux apprentissages. Toutefois, des options sont créées ainsi que des cours de soutien afin de faire face à la diversité des profils.
En matière d’éducation l’égalité doit être la règle. Elle implique la gratuité de tous les ordres d’enseignement, un soin particulier en faveur de ceux qui sont désavantagés par leurs origines sociales, un enseignement de base commun.
Les mesures pour les jeunes prises par Valéry Giscard d’Estaing
Voici une liste de certaines de ses initiatives, accompagnées de descriptions et de liens vers des ressources pour en savoir plus
En 1974, élu Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing débute son septennat en abaissant l’âge de la majorité à 18 ans par la Loi n°74-631 du 5 juillet 1974, libérant ainsi une partie de la jeunesse française de la tutelle parentale prolongée. Auparavant, les jeunes de 18 à 21 ans demeuraient soumis à l’autorité familiale, limités dans leurs droits civiques et économiques. La loi a changé l’article 388 du Code civil : « Le mineur est l’individu de l’un ou l’autre sexe qui n’a point encore l’âge de dix-huit ans accomplis ». « La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir », disait Simone de Beauvoir, soulignant l’importance d’être maître de son destin, ce que Valéry Giscard d’Estaing avait bien compris, souhaitant redonner ce pouvoir aux jeunes. L’adoption de la loi consacre l’accès aux droits civiques, notamment le droit de vote et la liberté juridique, dès 18 ans. Les jeunes ainsi gagnent en autonomie et participent davantage à la vie politique et sociale du pays.
Voir sur Légifrance : Loi n°74-631 du 5 juillet 1974 fixant à 18 ans l’âge de la majorité.
Cette loi a posé le principe de l’éducation obligatoire jusqu’à 16 ans, du collège unique, réformé la formation des enseignants (complétée par les arrêtés des 25 et 13 juillet 1979 sur la réforme de la formation des maîtres) et encouragé une plus grande implication des parents dans la vie scolaire.
Voir sur Légifrance : Loi n°75-620 du 11 juillet 1975 relative à l’éducation
Le Décret du 4 juin 1975 a pour objectif principal d’établir de nouveaux systèmes de formation pour les jeunes. Les points clés de ce décret incluent :
- 1. Amélioration de la formation professionnelle : Introduire des structures de formation adaptées aux besoins du marché du travail, afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.
- 2. Encouragement de l’égalité des chances : Offrir des opportunités de formation à un plus large public, notamment aux jeunes issus de milieux défavorisés.
- 3. Renforcement des dispositifs éducatifs : Créer des synergies entre l’éducation formelle et la formation professionnelle, garantissant une transition fluide vers le monde du travail.
Ce décret vise à mieux préparer les jeunes aux défis économiques et sociaux, tout en soutenant leur développement personnel et professionnel.
Possibilité pour les conscrits de réaliser leur service militaire dans des emplois non militaires.
La réforme de l’apprentissage, à travers les lois du 12 juillet 1977 et du 3 janvier 1979, visait à moderniser le système de formation professionnelle en France. Ses objectifs principaux incluaient :
- 1. Favoriser l’accès à l’apprentissage pour les jeunes.
- 2. Améliorer la qualité de la formation en alternance.
- 3. Renforcer les liens entre les entreprises et les établissements de formation.
- 4. Répondre aux besoins du marché du travail.
- 5. Encourager l’insertion professionnelle des jeunes.
Ces réformes visaient à créer un cadre plus adapté aux réalités économiques et à faciliter l’intégration des jeunes dans le monde professionnel.
Voir sur Légifrance :
- – Contrat Emploi Formation (la Loi n° 78-798 du 28 juillet 1978)
- – Ministère des universités (le Décret n°74-594 du 20 juin 1974)
- – Valorisation travail manuel (n° 77-1247 du 14 novembre 1977)
La loi du 25 novembre 1977 vise à protéger les droits des personnes handicapées en France, en favorisant leur intégration sociale et professionnelle. Elle établit des mesures pour améliorer leur accessibilité et garantir leur participation active dans la société.
Ce nouveau ministère a notamment porté la réforme du statut des universitaires par les décrets des 2 et 8 mars 1978, du 30 septembre 1978 et du 9 août 1979.
Développement de l’enseignement de la musique dans les établissements scolaires, accentuation de l’effort de l’État en faveur des conservatoires et création d’un conservatoire national supérieur à Lyon (conseil des ministres du 1er août 1979.
Décrets des 26 décembre 1978 pour Valenciennes, 22 février 1979 pour Perpignan et 27 juin
1979 pour Chambéry.
Valéry Giscard d’Estaing fait adopter le décret n° 77-1247 du 14 novembre 1977, visant à l’ouverture des grandes écoles aux travailleurs manuels, pour rehausser le statut et les conditions des métiers manuels en France. Auparavant, les travailleurs manuels étaient souvent perçus comme moins qualifiés et bénéficiaient de salaires et de reconnaissances moindres comparés aux professions intellectuelles. Pendant cette réforme, V. Giscard d’Estaing affirme son engagement envers une société plus équitable, où chaque métier contribue dignement au développement national. La loi introduit des incitations fiscales pour les entreprises employant des artisans, améliore les formations professionnelles et instaure des distinctions honorifiques pour les métiers manuels. Après 1977, les artisans et ouvriers voient leurs conditions de travail s’améliorer, leur statut rehaussé et leur contribution à l’économie nationale davantage valorisée.
Le 3 octobre 1979, Jean-Pierre Soisson, ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs, présente le plan de développement de l’éducation physique et sportive. Les mesures prises ont permis d’accroitre de 50 000 le nombre d’heures hebdomadaires d’enseignement sportif dispensées aux élèves.
Pour la rentrée 1979, (en application du décret du 11 juin 1979) 763 nouveaux postes ont été créés. C’est 20 000 heures d’éducation physique et sportive de plus qui seront assurées chaque semaine.
Ce plan s’accompagne du développement des activités des associations sportives des établissements. Il prévoit notamment la rémunération des enseignants qui acceptent de consacrer un temps supplémentaire à l’association sportive.
Des dispositions sont prises pour étendre à l’éducation physique et sportive le régime des heures supplémentaires applicables dans les autres disciplines et pour lancer des expériences pédagogiques réservant des demi-journées à la pratique sportive dans 5 villes de France.
En outre, pour déterminer les aptitudes sportives des jeunes français et leur permettre de s’exprimer dans le domaine des activités physiques et sportives, le gouvernement a approuvé la création d’un brevet d’aptitude physique que pourront passer les enfants de 8 à 13 ans.
En outre la loi de finances pour 1979 avait prévu la création d’un Fonds national pour le développement du sport, financé par un prélèvement sur le PMU.
Le compte-rendu du Conseil des ministres du 28 novembre 1979 ci-joint.