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Une photo et son histoire : la création du musée Picasso sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing

Lorsque Valéry Giscard d’Estaing inaugure l’exposition Picasso au Grand Palais, le 11 octobre 1979, en présence de son ministre de la Culture, Jean-Philippe Lecat, il met en évidence une présentation inédite des œuvres de l’artiste qui ont été reçues par l’Etat grâce à la mise en place d’un mécanisme de dation appliqué pour la première fois dans le contexte de cette succession exceptionnelle.

Pour comprendre comment l’Etat français a pu recevoir cette collection exceptionnelle qui est désormais présentée au sein du Musée National Picasso-Paris, au cœur de l’Hôtel Salé, il faut remonter à la fin des années 1960.

En effet, à travers une loi du 31 décembre 1968, un mécanisme novateur de dation des droits de succession en paiement par œuvre d’art est instauré, dans l’optique d’éviter l’évasion hors de France d’œuvres d’art majeures au moment des successions. Néanmoins, faute de décret d’application, cette loi n’est pas directement effective à cette époque. Il faut en réalité attendre le décret du 10 décembre 1970, pris par le ministre de l’Economie et des Finances Valéry Giscard d’Estaing, pour que la dation en paiement par œuvre d’art soit applicable en pratique. Ce décret donne en effet les conditions pour que la commission chargée d’examiner les projets de dation puisse se réunir et être composée.

Il s’agit là d’un outil décisif pour l’enrichissement des collections publiques et le maintien en France d’œuvres majeures, dont la succession Picasso, décédé en 1973, a été la première et plus notable application !

Comme l’a souligné Maurice Aicardi, que l’on voit sur la photo, l’aboutissement de ce projet tient du « miracle ». Miracle dans sa dimension juridique et légistique, car il tient notamment de la seule volonté de VGE, dès 1970, d’assurer la mise en œuvre effective de la loi du 31 décembre 1968, qui n’était pas forcément vue d’un bon œil par toutes les administrations de son ministère. Mais également miracle dans son aspect opérationnel, à travers la rénovation de l’Hôtel Salé à partir de juillet 1974 sous l’impulsion de Michel Guy, alors Secrétaire d’Etat à la Culture. Ce dernier, sous le contrôle du Président de la République, lance en effet un grand concours d’architecture dont nous fêtons cette année le cinquantenaire. Il aboutit en effet en 1976 à désigner Roland Simounet comme architecte de cette grande rénovation de cet hôtel particulier du 3 e arrondissement, alors à l’abandon, afin qu’il abrite les œuvres reçues par l’Etat grâce à la fameuse dation.

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