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A écouter I Valérie-Anne Giscard d’Estaing se confie sur la réédition de Démocratie française, sur Radio classique

Valérie-Anne se confie sur la vision de VGE empreinte de tolérance

Démocratie française, le livre publié en 1976 par Valéry Giscard d’Estaing, ressort aux éditions Fayard. La fille de l’ancien président, Valérie-Anne Giscard d’Estaing, éditrice et galeriste, était l’invitée de la matinale de Radio Classique pour évoquer l’importance de la tolérance, « sujet central » pour son père.

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L’essai politique de Valéry Giscard d’Estaing, un livre publié par un président de la République en plein mandat

« Il l’a écrit deux ans après son élection, mais la rédaction a commencé pendant sa campagne présidentielle. C’est une campagne qui a marqué l’histoire, où il avait déjà abordé la plupart des sujets. Il a éprouvé ensuite la nécessité de les formaliser et de les résumer pour expliciter le fond de sa pensée. Les discours passent, les livres restent.

L’intégralité des droits d’auteur [1 million d’exemplaires ont été vendus NDR] a été versée à la Fondation pour l’Enfance, créée à cette occasion, qui a été présidée par ma mère, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, pendant une trentaine d’années. [Cela a permis] la création du numéro d’appel pour les enfants maltraités. »

Un diagnostic de la société française frappant de modernité

« Il a beaucoup travaillé, dès son adolescence. Il est né avant la guerre, il a vécu toute sa scolarité pendant la guerre, et il s’est engagé en 1944 à 18 ans avec les tirailleurs algériens qui accompagnaient les chars.

Même si la campagne n’a pas été très longue, il a rencontré très jeune des gens très différents dans un contexte fort, ce qui a beaucoup joué sur sa pensée politique. Je pense aussi à sa mère, May Bardoux, l’une des premières bachelières françaises, une femme de tête et de réflexion. Cela a beaucoup influencé l’idée que VGE a développée sur l’égalité hommes-femmes et la promotion des femmes. »

VGE et la loi sur l’IVG, un sujet d’égalité pour permettre à toutes les femmes de disposer de leur corps

« Il n’avait pas peur d’affronter l’opposition sur des sujets qui lui semblaient essentiels. L’IVG était pour lui fondamentalement un sujet d’égalité : la possibilité pour les femmes de disposer de leur corps et de faire des choix personnels. À l’époque, les femmes fortunées pouvaient aller à l’étranger, mais pour l’immense majorité des femmes, c’était une boucherie, c’était épouvantable.

La tolérance était son sujet central. La tolérance, c’est d’admettre l’idée du pluralisme : que nous ne sommes pas tous pareils, que nous n’avons pas les mêmes pensées, les mêmes opinions ou les mêmes origines, mais qu’il faut regarder les autres et accepter de vivre ensemble. »

Une vision moderne qui n’a pas permis à VGE d’être réélu

« Les explications sont multiples. Depuis 1958, la France avait été gouvernée par le même groupe de dirigeants, et même si mon père avait marqué une rupture, il y avait une certaine continuité. La gauche n’avait pas été au pouvoir depuis 30 ans, c’était légitime qu’elle y accède, et les jeunes avaient envie d’un nouveau changement. »


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